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Le service d’incendie de 1953 à 1973 au temps du premier Hôtel de Ville.

 

L’incendie en mars 1953 du Théâtre Frontenac dans lequel se trouvait le bureau du village, l’inauguration de l’Hôtel de ville renfermant un garage pour le camion à feu et l’entrée en fonction du chef police et chef pompier, Ozé Robichaud, concourent à faire de 1953 une année charnière dans l’évolution du service d’incendie de Shippagan. L’incendie du Théâtre Frontenac sera traité au dernier chapitre.

Avec l’ouverture de l’Hôtel de ville, sur la rue principale, bâtit au coût de $10,800.00, le camion avait un lieu fixe pour l’année, mais les pompiers attendirent encore pour l’obtention d’un local, car l’édifice mesurant 40 pieds sur 40 n’abritait que les services administratifs, un bureau de police, deux cellules et le garage du camion.

 Pendant le mandat de Ozé Robichaud, la conduite du camion était surtout confiée à Alfred M. Mallet et de nombreux événements amenèrent la formation d’une vraie brigade.

 En mars 1954, une loi sur le couvre-feu fut adoptée par le village. La sirène qui servait à annoncer le couvre-feu servit quelque fois à mobiliser les pompiers lors d’une alerte. Le 9 juin 1958, une réunion spéciale des pompiers volontaires fut convoquée pour réorganiser la brigade au moment du départ de Ozé Robichaud. Domitien Mallet rapporte que les pompiers volontaires se sont réunis au moins une fois avant ce rassemblement.

Les pompiers commencèrent à être rémunérés vers le milieu des années 50 et à se doter de plus d’équipement à mesure que le budget du village le permettait. Une pompe portative et un nouveau moteur pour le camion furent acquis respectivement en 1954 et en 1956. Incorporé ville le 1er mai 1958, Shippagan compte au milieu de la décennie, une quinzaine de puits creusés par les autorités municipales.

La réunion spéciale du 9 juin 1958 amena l’élection de Alfred M. Mallet au poste d’assistant chef pompier. Voici la liste des pompiers qui donnèrent leur nom pour adhérer au service d’incendie réorganisé lors de la réunion spéciale de juin 1958.

 Alban Brideau Evariste Hébert

Isidore Chiasson Martin Hébert

Roméo Chiasson Alfred M. Mallet

John Comeau Domitien Mallet

Achille DeGrâce John Rabasse

Théo DeGrâce Joseph Rioux

F. X. Fafard Ernest Robichaud

Wilfred Goupil Fernand Robichaud

Léon Haché Ozé Robichaud

En 1959, François Hébert revint pour succéder à Ozé Robichaud. Il était secondé dans sa tâche de pompier par Alfred M. Mallet.

En septembre 1959, François Hébert, son fils Martin, Ernest à "Combasse" Robichaud et Jean-Denis Duguay suivirent des sessions de formation à Bathurst pendant deux jours.

La brigade était composée de quatorze pompiers et son équipement fourni par la compagnie E. A. Mowat valait $35,000.00. Ces cours rassemblaient plusieurs brigades néo-brunswickoises et le Prévôt des incendies de Bathurst, Hector Fournier, celui de Frédericton et le chef pompier de Bathurst y assistaient. Ernest Robichaud et Martin Hébert se rappellent que les compagnies d’extincteurs chimiques enseignaient comment utiliser leurs produits sur un feu d’huile et qu’on y présentait des documentaires sur la façon de combattre un "feu électrique".

Ces deux jours de formation ne tardèrent pas à profiter au service d’incendie de Shippagan qui compara son matériel avec celui des autres brigades, ce qui donna l’idée de grossir et de moderniser l’équipement. Martin Hébert rapporte que grâce à ces sessions, le service d’incendie utilisa un espèce de conduit perforé qui servait à faire un mur d’eau entre deux bâtiments telle une fontaine et ainsi l’épargner des flammes du feu voisin. Les pompiers obtinrent de la ville une pompe portative de fabrication Homelite en 1961 puis un extincteur de 30 livres l’année suivante.

François Hébert quitta les postes de chef police et chef pompier pour raison de santé et il fut remplacé par Conrad Duguay en 1964 qui se démarqua de ses deux prédécesseurs en laissant la direction du service d’incendie à Alfred M. Mallet. Un geste compréhensif puisque la population de Shippagan et de la région augmentait toujours. D’ailleurs dans les années 60, Shippagan prenait l’apparence d’une ville au rythme des travaux publics que coordonnait le contremaître, Jacob Mallet.

 Alfred M. Mallet est redevenu chauffeur du camion et devint chef pompier ou fut considéré comme tel jusqu’au début des années 70. En 1965, un deuxième camion d’une capacité de 1250 gallons fut acheté de la compagnie LaFrance de Toronto au coût de $14,800.00 en incluant l’équipement. Le pompier volontaire, Gilbert Landry, se remémore les passages à Shippagan du commis-voyageur et pompier Tom Morris. Celui-ci donnait des cours portant sur le métier de pompier, une fois par semaine à Shippagan. Ceci se passait après 1965.

 A partir de 1965, jusqu’en avril 1970, le service d’incendie de Shippagan était maintenu par un petit groupe de personnes entouré du chef Alfred M. Mallet. Monsieur Mallet était disponible et près du poste de pompier puisqu’il travaillait à proximité, soit au Shippagan Cold Storage, sur la 12ième rue, comme opérateur de bouilloire.

 Lors d’appel d’incendie durant le jour, l’administrateur Fernand J. Robichaud ou le greffier, Eloi Haché, conduisait le camion sur les lieux de l’incendie et préparait le camion jusqu’à l’arrivée des pompiers qui étaient appelés par la personne qui restait au bureau de la ville. Durant la nuit, les policiers en devoir, soit le sergent Clarence Mallet ou le caporal Jean-Marc Mallet faisait de même, c’est-à-dire qu’il apportait le camion sur le lieu de l’incendie. Ceci s’est produit pendant plus de 5 ans jusqu’à la venue de Roger Léger qui organisa le service d’incendie comme il est structuré aujourd’hui.

 Les pompiers volontaires de cet époque, soit de 1965 à 1970 étaient pratiquement les mêmes, soit la famille de François Hébert: Serge et Denis et la famille de Alfred M. Mallet: Paul-Emile et Gildard. Quelques autres se sont joints par la suite, soit Gilbert Landry et Robert Fafard qui était conseiller municipal responsable des pompiers.

Roger Léger, gérant de la Banque Nouvelle-Ecosse, prit en charge le service d’incendie en avril 1970 et le réorganisa pour lui donner une impulsion qui le transforma en la brigade actuelle.

Dès lors, le service d’incendie tint des réunions des pompiers mieux organisées. Les pompiers du service d’incendie restructuré étaient: Eddy Blanchard, Denis Hébert, Fernand Hébert, Jean Hébert, Gilbert Landry, Raymond Lanteigne, Alfred Mallet, Gildard Mallet, Randolphe Mallet et Léo Vienneau. Bientôt, on installa sept "téléphones à feu" chez certains pompiers. Lorsqu’il recevait un appel d’urgence, chaque pompier qui avait un téléphone à feu devait communiquer avec trois autres pompiers qui n’avaient pas ce système. En février 1972, la brigade fit l’acquisition d’appareils respiratoires avec bonbonnes à air comprimé. Ces appareils respiratoires protégeaient mieux le visage que les anciens modèles qui tiraient l’air filtré d’un petit réservoir et qui avaient tendance à contenir de la fumée après utilisation.

 En février 1972, Raymond Lanteigne fut élu président de l’Association des corps policiers et pompiers de la ville de Shippagan, ce qui lui conférait le titre de chef pompier.

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